Mascarade

Descriptif

Interprétation

De chaque côté, deux tentures tombent comme des rideaux de scène, maintenues ouvertes par des rubans rouges. Au centre, une table recouverte de tissu, dont le drapé descend jusqu’au sol, masque partiellement la base. Devant cette table, une femme nue, drapée, est assise, les jambes croisées sous le tissu. Elle porte un ruban rouge dans les cheveux.
Son visage est sans traits, tout comme son reflet dans le miroir posé sur la table. Dans sa main, elle tient un masque dont le regard est détourné. D’autres masques sont disposés sur la table : – l’un souriant, – un autre aux yeux clos, – un troisième tourné vers le haut, – un autre encore, plus éloigné, d’où coulent des larmes sur la nappe. Au sol, partiellement caché par le drapé, un dernier masque reste dissimulé. Entre les masques, trois bougies blanches sont regroupées comme un point d’équilibre fragile.
Dans Mascarade, l’artiste met en scène la complexité des émotions humaines comme un jeu silencieux entre vérité et apparence.
La femme sans traits, assise face aux masques, devient le centre d’un espace suspendu entre introspection et représentation. Le miroir vide et les visages posés sur la table traduisent la difficulté à se reconnaître, à choisir un rôle, à habiter pleinement un visage. Les tentures, les bougies et le ruban rouge composent une scénographie symbolique : la tension entre le visible et le caché, la lumière et l’ombre. Chaque masque, qu’il soit souriant, endormi ou pleurant, révèle une facette du soi, un fragment d’émotion que l’on endosse ou que l’on tait.
Cette œuvre parle de cette scène intime où se jouent nos équilibres précaires — là où l’identité se dédouble, se cherche, et parfois s’efface.