Descriptif
Interprétation
Au centre de la toile, une montre à gousset grise est suspendue par une main.
À la place des aiguilles, deux sabliers sont inscrits dans le cadran. Le contour de la montre est ponctué de quatre visages reliés par un ruban rouge : à douze heures, un double visage formé à droite d’un nourrisson et à gauche d’un visage de vieille femme estompé ; à trois heures, une jeune fille ; à six heures, une femme adulte ; à neuf heures, une femme âgée aux cheveux gris.
Dans L’Atemporelle, l’artiste déconstruit la linéarité du temps pour en faire une roue intime, une mémoire incarnée.
La montre à gousset, suspendue par sa propre main, devient un espace circulaire où le temps se replie sur lui-même. Au centre, deux sabliers forment une heure impossible, entre équilibre et passage. À minuit, deux visages se fondent : un bébé, porteur du ruban rouge, et un visage flou, presque effacé ; le départ de l’âme. Le ruban, présent à chaque âge, devient le fil d’une existence continue, reliant la vie à sa disparition. Cette jonction entre vie et mort évoque l’éternel recommencement, la renaissance au cœur même de la disparition. Les autres quarts du cadran incarnent les étapes humaines, jeunesse, maturité, vieillesse, chacune marquée par un ruban rouge distinct, comme une trace d’identité persistante.
Autour, l’ombre et les textures moirées enveloppent la scène dans un temps dense et spirituel, où le corps et l’âme circulent, s’effacent et reviennent.